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· 4 min de lecture posture

Les agences digitales qui disparaissent : le coût caché pour les dirigeants

Retour sur 5 cas observés au Burkina. Ce qu'un dirigeant doit exiger avant de signer avec un prestataire — et ce qu'il doit fuir.

Les agences digitales qui disparaissent : le coût caché pour les dirigeants

Au cours des deux dernières années, j’ai été appelé en urgence par cinq dirigeants différents. Le scénario était identique : une agence avait livré un site ou une application, encaissé la facture, et disparu. Plus aucun support, plus aucune mise à jour, plus aucune réponse. Voilà ce que ça leur a coûté — et comment éviter de tomber dans le même piège.

Cas 1 — Le site qui ne se met plus à jour

Une PME à Ouagadougou avait fait refaire son site vitrine. Trois mois après livraison, ils voulaient ajouter une page “Nouveaux services”. Aucune réponse de l’agence. Six mois après, les coordonnées dans le footer étaient obsolètes. Personne pour les modifier. Coût indirect : perte estimée d’une dizaine de prospects sur l’année, parce que des clients potentiels appelaient un mauvais numéro et tombaient sur un répondeur inactif.

Cas 2 — Le bug qui paralyse la facturation

Un cabinet de conseil utilisait un outil de facturation développé sur-mesure par un freelance. Un jour, le bouton “Générer PDF” arrête de fonctionner après une mise à jour automatique du serveur. Pendant trois semaines, le cabinet ne peut plus émettre de factures sans bricoler. Le freelance ne répond pas. Coût direct : un mois de chiffre d’affaires non facturé à temps, soit environ 4 millions de FCFA en trésorerie bloquée.

Cas 3 — La base de données illisible

Une ONG s’était fait développer une base de données bénéficiaires sur-mesure. L’agence livre, encaisse, disparaît. Deux ans plus tard, l’ONG veut migrer ses données vers un nouvel outil — mais personne ne sait comment exporter, et le code source n’est nulle part. Reconstruction de la base à la main : trois mois de travail, environ 1,5 million de FCFA en main-d’œuvre interne perdue.

Cas 4 — Le serveur qui s’éteint

Une petite plateforme e-commerce hébergée sur un serveur souscrit par l’agence au nom de l’agence. L’agence ne paie plus. Le serveur est suspendu. Le site disparaît. Le client n’a aucun accès, aucun moyen de récupérer ses données. Coût : trois semaines de pertes de vente + reconstruction du site ailleurs.

Cas 5 — Le mot de passe perdu

Un site WordPress livré par une agence. Les identifiants admin sont restés chez l’agence. Quand le client veut modifier son site, plus personne ne répond. Il finit par devoir piratiser son propre site pour reprendre la main — ce qui prend des semaines et coûte plus cher que le site lui-même au départ.

Ce que vous devez exiger avant de signer

1. Le code source vous appartient

C’est la base. Faites inscrire dans le contrat que vous êtes propriétaire du code et que vous avez accès à un dépôt (GitHub, GitLab) où il est stocké. Sans ça, vous êtes pieds et poings liés.

2. Les comptes serveur sont à votre nom

Hébergement, nom de domaine, comptes mail : tout doit être souscrit par vous, à votre nom, avec votre carte. L’agence peut gérer pour vous, mais elle ne doit pas être propriétaire.

3. Un contrat de maintenance écrit

Pas un “on s’arrange après”. Un contrat qui dit : tarif mensuel, périmètre couvert, délai de réponse, modalités de résiliation. Si l’agence refuse, c’est un signal rouge.

4. Une documentation technique

Comment se déploie le site ? Quelle base de données ? Quels mots de passe ? Cette doc doit vous être remise avec la livraison. Sans elle, votre logiciel devient inutilisable dès qu’un autre prestataire doit y toucher.

5. Une garantie post-livraison

Au moins 30 jours pendant lesquels les bugs sont corrigés gratuitement. Si l’agence facture chaque correction dès le lendemain, fuyez.

Ce qu’il faut fuir

  • Les agences qui ne donnent pas leurs vrais noms (juste un pseudo Facebook ou un compte WhatsApp anonyme).
  • Celles qui demandent 100 % du paiement avant livraison. Le standard, c’est 30-40-30 (acompte / mi-projet / livraison).
  • Celles qui ne montrent aucun travail antérieur vérifiable. Pas de portfolio public, pas de références joignables ? Risque maximal.
  • Celles qui promettent des délais irréalistes (“votre site en 48h”). Un site sérieux, c’est 2 à 4 semaines minimum.

La leçon

Quand on choisit un prestataire digital, on ne paie pas juste pour la livraison. On paie pour la durabilité. Un bon prestataire est encore là six mois, deux ans, cinq ans après. Un mauvais prestataire encaisse et disparaît. Avant de signer, posez-vous la question : “si dans un an j’ai un problème, est-ce que cette personne décrochera mon appel ?” Si la réponse n’est pas un oui clair, passez votre chemin.

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